Comment reconnaître et traiter la mérule sur un mur

découvrez comment identifier la mérule sur un mur et les méthodes efficaces pour la traiter afin de protéger votre habitation contre ce champignon destructeur.

Une trace blanche, un feutrage cotonneux, une tache orangée sur un mur : la question immédiate est souvent la même — s’agit-il de mérule ? Ce parasite silencieux n’attaque pas la pierre pour la manger, mais utilise la maçonnerie humide comme vecteur pour atteindre le bois structurel. La présence visible d’un mycélium sur un mur traduit presque toujours une situation d’humidité chronique, une migration active à travers les joints ou les fissures, et un risque réel pour les planchers, solives et charpentes. Ce texte fournit des repères concrets pour identifier les signes différenciant mérule et moisissure, mesurer l’humidite, établir un diagnostic fiable et choisir des interventions conformes aux bonnes pratiques professionnelles.

  • Repérage visuel : filaments blancs, masses orangées, gouttelettes “pleurantes”.
  • Mesure : humidité bois >20 % critique ; maçonnerie poreuse favorise la migration.
  • Causes fréquentes : remontées capillaires, infiltrations et ventilation insuffisante.
  • Traitements efficaces : assèchement technique, curage des zones atteintes, traitement antifongique ciblé.
  • Attention : bricolage superficiel (vinaigre, nettoyage léger) ne suffit pas ; le recours à un diagnostic professionnel est souvent nécessaire.

Comment repérer la mérule sur un mur : signes visibles et tests immédiats

La présence de mérule sur un mur se manifeste par une combinaison de signes visuels, olfactifs et tactiles qu’il convient d’apprendre à différencier d’une simple moisissure. Les filaments mycéliaux et le feutrage blanc sont caractéristiques, mais ils peuvent être confondus avec d’autres champignons ou dépôts. Une observation méthodique limite les erreurs de diagnostic et oriente les actions à entreprendre.

Signes visuels. Le mycélium de la mérule apparaît souvent sous forme de filaments blancs très étendus, parfois décrits comme un feutrage cotonneux. Des masses de sporée peuvent donner une teinte orangée ou brun-rouille. Les gouttelettes translucides sur le mycélium — d’où le nom « pleureuse » — sont un indice fort d’activité. Ces signes se retrouvent parfois sous peinture ou enduit, où le mycélium forme des plaques fines qui soulèvent ou cloquent la finition.

Signes olfactifs et humidité. Une odeur persistante de champignon humide, comparable à de la terre fraîche ou une cave fermée, accompagne régulièrement les lieux infectés. Mesurer l’humidite est la deuxième étape : un testeur d’humidité sur maçonnerie ou bois donne une lecture immédiate. Sur bois, un taux supérieur à 20 % indique un risque critique de pourriture. Sur une pierre ou une brique, des lectures élevées signalent des conditions favorables à la germination des spores.

Tests rapides et précautions. Quelques gestes simples réduisent le risque d’erreur : regarder les plinthes et les jonctions sol/mur, inspecter les zones derrière placards, vérifier le pourtour des conduits et installations encastrées. Un testeur d’humidité capacitif ou à piquer doit être utilisé correctement : une mesure ponctuelle ne suffit pas, il faut comparer plusieurs points et noter l’homogénéité des valeurs. Attention à la dissémination : effleurer le mycélium sans protection peut soulever des spores. Utiliser un masque FFP2 et des gants est recommandé lors de la manipulation initiale.

Différencier moisissure et mérule. Les moisissures restent souvent superficielles et n’attaquent pas structurellement le bois. La mérule, en revanche, provoque une pourriture cubique du bois, fragmentant les fibres jusqu’à perte mécanique. Visuellement, une moisissure est souvent pigmentée (noire, verte, bleu) et ne présente pas l’odeur « terreuse » de la mérule ni les gouttelettes pleurantes. Un prélèvement mycologique envoyé en laboratoire ou un diagnostic professionnel sécurise la distinction.

Exemple concret. Dans un logement d’Île-de-France, une trace blanche sous l’enduit d’une cave a d’abord été prise pour une simple moisissure. Le testeur d’humidité a révélé 24 % dans une solive voisine : le diagnostic a montré une contamination des solives sur plus de 20 m². La lecture initiale du mur était trompeuse ; la partie visible représentait une fraction de l’étendue réelle.

Points de contrôle avant action : vérifier les sources d’infiltration (gouttières, descentes, drains), relever les mesures d’humidité à plusieurs hauteurs, photographier les signes et isoler la zone si possible. Ces éléments conditionnent le choix d’un traitement antifongique adapté.

Insight : la vigilance visuelle combinée à des mesures d’humidité fiables fait gagner beaucoup de temps et évite des réparations lourdes ultérieures.

Pourquoi la mérule colonise un mur : biologie du champignon et mécanismes de migration

La mérule (Serpula lacrymans) est un champignon lignivore qui se nourrit exclusivement de cellulose contenue dans le bois. Pourtant, sa présence fréquente sur des murs en pierre, brique ou béton n’est pas contradictoire : ces maçonneries servent de support de migration et de réservoir hydrique plutôt que de nourriture. Comprendre la biologie et les mécanismes de propagation permet d’adapter la réponse technique et de prévoir les zones à risque dans une maison.

Cycle de vie et conditions favorables. Les spores de la mérule se dispersent facilement par l’air ; elles peuvent rester en dormance longtemps jusqu’à rencontre de conditions favorables : humidite persistante (>20 % pour le bois), obscurité et températures tempérées (généralement entre 18 et 26°C). À germination, les hyphes se développent en mycélium, capable de produire un réseau dense de cordons mycéliens. Ces cordons, très résistants, assurent la migration du champignon, parfois sur plusieurs mètres, en transportant de l’eau et en colonisant les interstices de la maçonnerie.

Migrations à travers la maçonnerie. Les joints de mortier poreux, les briques creuses et certaines pierres calcaires créent des chemins capillaires que le mycélium exploite. Le mycélium peut cheminer dans des joints asséchés ou à peine humides, contourner des obstacles et atteindre des éléments en bois non visibles. En outre, la mérule est capable de transporter de l’eau : elle maintient localement une humidité suffisante pour poursuivre son développement et attaquer le bois adjacent.

LISEZ AUSSI  Maison modulable : tout savoir pour bien choisir et aménager

Rôle des conditions structurelles et d’entretien. Les remontées capillaires, infiltrations de façade, défauts d’étanchéité et ventilation insuffisante créent un environnement optimal. Un isolant mal posé, une membrane défectueuse ou une gouttière obstruée peuvent suffire à changer l’équilibre hygrothermique d’un mur. La pierre, loin d’être imperméable, possède une porosité variable selon l’origine et l’altération du matériau ; elle stocke de l’eau et relargue lentement l’humidité, prolongeant la fenêtre d’opportunité pour la mérule.

Cas pratique : bâtiment ancien. Dans une maison en pierre construite au XIXᵉ siècle, des reprises de maçonnerie non adaptée et une absence de drainage périphérique ont créé une zone de fondation saturée. Les cordons mycéliens ont migré de la cave vers les planchers via des joints fissurés, entraînant la pourriture de solives sur une zone contiguë de plusieurs dizaines de mètres carrés. L’observation superficielle du mur ne reflétait pas l’ampleur réelle du phénomène.

Conséquences pour le choix d’intervention. Le rôle de la maçonnerie comme vecteur impose une stratégie combinée : traiter le bois atteint, assécher la maçonnerie, et empêcher toute ré-humidification. Traiter uniquement la surface visible ou appliquer un fongicide sans corriger les causes conduira à une récidive. De plus, certaines méthodes (chauffage local, chalumeau) peuvent détruire des hyphes superficiels sans atteindre les foyers profonds, d’où l’intérêt d’un diagnostic structuré.

Insight : la maîtrise de la migration hydrique du champignon via maçonnerie est la clé pour éviter une propagation silencieuse vers les bois structurels.

Mérule sur mur en brique, en pierre ou extérieur : différences techniques et points de vigilance

Les maçonneries présentent des comportements distincts face à la mérule. Connaître ces différences oriente le diagnostic et le choix des réparations : un mur en brique n’exige pas les mêmes interventions qu’un mur en pierre calcaire ou un mur extérieur soumis aux intempéries.

Caractéristiques de la brique. La brique est souvent poreuse et les joints de mortier peuvent retenir l’eau, créant des remontées capillaires. Dans des constructions récentes, les reprises inadaptées et les colles modernes peuvent aussi pièger l’humidité. La mérule apparaît fréquemment en pied de mur, là où la capillarité est maximale. Les interventions efficaces incluent le drainage périphérique, la reprise des joints et l’injection d’un hydrofuge en respectant les zones à traiter.

Comportement des murs en pierre. Les murs en pierre des maisons anciennes présentent une forte porosité et un mortier fréquemment dégradé. La pierre absorbe l’eau, la stocke et la diffuse, maintenant un microclimat humide propice au développement fongique. Les maisons de caractère construites en pierres locales sont particulièrement vulnérables si la ventilation est insuffisante. La consolidation du mortier et la pose d’une membrane étanche en sous-face sont souvent nécessaires après le curage du foyer.

Murs en béton et maçonneries modernes. Le béton est moins poreux mais fissures et joints mal traités permettent la migration. Des infiltrations par des gaines ou des appuis de fenêtre sont des points d’entrée fréquents. Dans ce contexte, le champignon utilise les micro‑canaux pour atteindre le bois adjacent. Un traitement par forage/injection peut être envisagé pour créer une barrière chimique, en respectant le diagnostic préalable.

Murs extérieurs. La mérule à l’extérieur est en général associée à des infiltrations localisées, défauts d’étanchéité ou protections hydrofuges absentes. En façade sèche et exposée, la mérule ne tient pas longtemps ; elle préfère les zones abritées (recoins, porches, caves). Toutefois, la présence sur la face extérieure signale souvent une source d’humidité persistante pouvant migrer vers l’intérieur. La remise en état de l’étanchéité et la gestion des eaux de pluie sont impératives.

Type de mur Sensibilité Facteur aggravant Intervention prioritaire
Brique Moyenne Joints poreux, remontées capillaires Rejointoiement + drainage
Pierre Élevée Porosité, mortier dégradé Curage + consolidation + barrière hydrofuge
Béton Variable Fissures, gaines mal scellées Réparation fissures + injection si besoin
Mur extérieur Variable Infiltration, absence d’hydrofuge Étanchéité, gouttières, drainage

Erreurs fréquemment observées. La pose d’un enduit étanche sans traiter les causes entraine souvent des cloques et la concentration de l’humidité en profondeur. L’injection de résine hydrofuge sans curage préalable des foyers peut masquer la contamination et permettre au champignon de subsister. Enfin, la négligence des zones de jonction (plinthes, huisseries) empêche la réussite d’un traitement global.

Exemple d’intervention réussie. Sur un mur de pierre d’une maison de village, la stratégie a combiné : drainage périphérique, ouverture des joints attaqués, aspiration HEPA lors du curage, traitement fongicide des pierres, puis application d’un hydrofuge adapté. Le suivi sur 12 mois par mesures d’humidité a confirmé la réduction progressive des valeurs sous seuil critique.

Insight : chaque matériau demande une réponse technique dédiée ; le diagnostic doit préciser la nature de la maçonnerie et les voies d’infiltration pour garantir une remediation durable.

Risques structurels et conséquences : pourquoi agir rapidement contre la mérule sur mur

La présence de mérule sur un mur doit être prise au sérieux car le danger dépasse la simple détérioration esthétique. La mérule attaque le bois en profondeur, entraînant une perte de résistance mécanique des éléments porteurs. Les conséquences peuvent aller de la réparation localisée à des travaux de reprise lourds, voire à une remise en état complète si la contamination s’est étendue à la charpente ou aux planchers.

Propagation invisible sous enduit. Le mycélium peut se développer sous des couches d’enduit ou de peinture sans manifester immédiatement de signes visibles. C’est pourquoi une zone apparemment peu atteinte peut cacher des bois fortement dégradés. L’intervention tardive multiplie les zones contaminées et complexifie le chantier : démolition partielle, remplacement de solives, renforcement de poutres, pose de micro-pieux dans les cas extrêmes.

LISEZ AUSSI  Pose de parquet flottant sur moquette : guide et conseils pratiques

Impact sur les éléments porteurs. La mérule provoque une pourriture cubique du bois : les fibres se fragmentent en cubes, le matériau perd ses capacités mécaniques. Solives, poutres, chevrons et lisses sont concernés. Le risque de déformation, d’affaissement local ou de rupture augmente avec l’étendue de la pourriture. Des diagnostics structurels peuvent être nécessaires pour évaluer la résistance résiduelle et déterminer les renforts nécessaires.

Coûts et enjeux patrimoniaux. Sur le plan financier, les coûts varient fortement en fonction de l’étendue des travaux : de quelques centaines d’euros pour une intervention localisée à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une remise en état complète. Dans des bâtiments anciens et protégés, les interventions doivent aussi respecter les prescriptions patrimoniales, rendant parfois la remediation plus technique et coûteuse.

Santé et qualité de vie. Au-delà du bâti, la présence de mérule peut affecter la qualité de l’air intérieur et causer des gênes olfactives. La manipulation du mycélium et des spores nécessite des précautions (masques, aspiration HEPA, décontamination). Les opérations de démolition et curage mal conduites peuvent disperser des spores dans les zones habitées si les mesures de confinement ne sont pas respectées.

Exemple d’aggravation rapide. Dans un immeuble ancien, la découverte tardive d’un mycélium a mené à la dépose de planchers entiers pour atteindre les fauteuils porteurs. Les travaux d’urgence ont inclus la dépose d’isolant contaminé, le traitement des bois restants, la reconstitution du plancher et une vérification totale des eaux pluviales et étanchéité. Le montant a largement dépassé les estimations initiales faute de diagnostic préventif.

Insight : agir tôt limite l’ampleur des travaux et préserve la structure ; différer l’intervention transforme souvent une réparation en chantier majeur.

Diagnostic technique : étapes, outils et critères selon les normes

Un diagnostic structuré est indispensable pour déterminer l’étendue réelle de la contamination et choisir le protocole d’action. Le diagnostic combine inspection visuelle, mesures instrumentales, sondages et analyses en laboratoire. Le recours à un expert permet d’obtenir un rapport opposable aux assurances et d’éviter des traitements inefficaces.

Étapes du diagnostic. Inspection visuelle ciblée : identification des filaments, odeurs, cloques d’enduit. Mesures d’humidite : relevés sur bois et maçonnerie à plusieurs hauteurs. Sondage des boiseries : percussion, carottage ou sondage manuel pour détecter la pourriture cubique. Prélèvements mycologiques : échantillons envoyés pour identification (microscopie/ADN). Investigation des causes : recherche d’infiltrations, vérification des gouttières, humidité ascensionnelle, ventilation déficiente.

Outils indispensables. Testeur d’humidité bois et matériau, hygromètre ambiant, endoscope pour cavités, marteau de diagnostic, aspirateur HEPA pour prélèvement, scialytique pour visibilité. Pour l’analyse, laboratoires spécialisés réalisent l’identification du champignon et valident la présence de Serpula lacrymans. Un rapport structuré inclut plans, photos, mesures et recommandations de remediation.

Valeurs seuils et limites. Sur bois, une humidité supérieure à 20 % est considérée critique pour le développement de la mérule. Les DTU n°xx (consulter les textes actualisés auprès du CSTB et des fiches techniques fabricants) imposent des contrôles d’humidité et des tolérances d’intervention. Le diagnostic professionnel doit préciser les valeurs mesurées et proposer des cibles d’assèchement.

Sondage et appréciation de la structure. Un sondage mécanique permet d’évaluer la résistance au poinçonnement. Si la pourriture est suspectée, des carottages ciblés peuvent confirmer l’étendue. Le rapport doit également indiquer quand une expertise structurelle complémentaire est nécessaire, notamment si des éléments porteurs sont atteints.

Interprétation et plan d’action. Le diagnostic aboutit à un protocole : zones à curer, méthodes d’assèchement (ventilation, VMI, injection, drainage), traitements fongicides recommandés, nécessité d’un confinement pendant les travaux. Il inclut un calendrier et des critères de vérification post-traitement (contrôles d’humidité et inspections périodiques).

Liens utiles : guide de prévention et méthodes d’assèchement consultables via des ressources techniques comme le CSTB et les recommandations fabricants. Pour des précisions normatives, consulter le DTU applicable et les préconisations des matériaux.

Insight : un diagnostic précis protège contre des erreurs coûteuses ; il définit la portée réelle des travaux et les critères de vérification.

Traitements efficaces contre la mérule sur mur : assèchement, curage et traitement antifongique

Un traitement antifongique efficace associe trois volets : suppression de la source d’humidite, élimination des foyers actifs, et protection ou remplacement des éléments en bois atteints. Un traitement superficiel ou partiel mène souvent à une récidive.

Assèchement technique. L’assèchement est la base du traitement : ventilation naturelle renforcée, ventilation mécanique (VMI) ou déshumidification active. L’assèchement électronique et les systèmes de ventilation forcée peuvent être envisagés selon la configuration. L’injection de résine hydrofuge empêche les remontées capillaires mais doit être posée après évaluation et curage.

Curage et décontamination. Le curage consiste à mettre à nu les zones contaminées : retrait des enduits, brossage, grattage et aspiration HEPA. Les résidus doivent être éliminés en déchetterie spécialisée. Le brûlage localisé ou le chalumeau ne remplacent pas le curage et sont risqués s’ils sont mal utilisés.

Traitement chimique. L’application de fongicides professionnels, selon les préconisations fabricants, est une étape clé. Les produits concentrés et autorisés en usage professionnel doivent être appliqués par des techniciens formés. Les traitements par forage et injection permettent d’établir une barrière chimique dans la maçonnerie. Il est essentiel de respecter les dosages et temps d’exposition indiqués pour garantir l’efficacité.

Remplacement ou préservation des bois. Les bois irrécupérables doivent être remplacés. Les éléments partiellement atteints peuvent parfois être consolidés et traités par injection ou application d’un produit préventif. L’efficacité de la desinfection et du produit dépend de la profondeur de la contamination et de la correction des facteurs d’humidité.

LISEZ AUSSI  Comprendre le fonctionnement d'une bouche vmc pour améliorer la ventilation

Comparatif synthétique des solutions

Action Efficacité Limitation
Nettoyage superficiel Faible Ne touche pas les foyers profonds
Assèchement technique (VMI, déshumidification) Élevée Coût initial, nécessite surveillance
Traitement fongicide ciblé Élevée si bien appliqué Doit être combiné avec assèchement
Forage/injection barrière Moyenne à élevée Local, à associer à curage

Précautions et limites. Les produits de traitement sont réglementés ; leur usage doit respecter les fiches techniques et la réglementation en vigueur. Les traitements amateurs ou “recettes maison” (vinaigre, eau de javel, etc.) n’éliminent pas les foyers profonds et peuvent créer des risques sanitaires ou matériels. Un protocole professionnel inclut des étapes de vérification et des mesures d’hygiène strictes.

Exemple d’un protocole complet appliqué. Dans une intervention type : 1) diagnostic et repérage ; 2) confinement de la zone ; 3) curage mécanique des zones atteintes ; 4) aspiration HEPA et évacuation des déchets contaminés ; 5) application d’un traitement fongicide sur bois et maçonnerie ; 6) assèchement par VMI ; 7) contrôle et suivi par mesures d’humidité et inspections périodiques. Ce protocole minimise la récidive et protège la structure à long terme.

Insight : l’efficacité repose sur la combinaison de l’assèchement, du curage et d’un traitement antifongique professionnel — sans ces trois volets, les chances d’échec sont élevées.

Peut-on traiter la mérule soi‑même ? erreurs courantes et recommandations pratiques

La tentation du bricolage est compréhensible, mais traiter la mérule soi‑même comporte des risques. Les erreurs observées entraînent souvent une aggravation ou un report coûteux des travaux. Il convient de connaître les actions possibles en autonomie et leurs limites.

Ce qui peut être fait par un bricoleur averti. Des actions de prévention simples sont accessibles : nettoyage des gouttières, rétablissement du drainage périphérique, amélioration de la ventilation, inspection régulière des caves et soubassements, et mesures d’humidité ponctuelles. Le replacement d’un isolant contaminé ou la réparation rapide d’une infiltration visible peuvent limiter les risques si réalisés avec soin et protection.

Ce qu’il ne faut pas faire. Éviter le « tout maison » pour le curage et l’application de produits fongicides concentrés. L’usage d’un aspirateur non HEPA disperse les spores. L’application de produits sans respect des dosages, ou l’emploi de méthodes thermiques improvisées (chalumeau) sans sécurités, sont dangereux. Les précautions respiratoires et de confinement sont indispensables dès la phase de curage.

Erreurs fréquentes : masquer au lieu de traiter. Poser un enduit décoratif étanche sans assécher la maçonnerie concentre l’eau et favorise la résurgence. Injecter une résine pour bloquer l’humidité ascendante sans avoir enlevé les foyers rend souvent la situation chronique.

Quand faire appel à un professionnel. Il est conseillé de solliciter un diagnostiqueur ou un opérateur qualifié dès que des signes d’atteinte du bois sont palpables, ou si les mesures d’humidité dépassent les seuils critiques. Le professionnel fournit un rapport, des préconisations et peut réaliser des traitements sous garantie et conformément aux exigences réglementaires.

Insight : intervenir tôt et sur les causes est la seule stratégie réaliste ; le bricolage se limite à la prévention et aux petites réparations non structurelles.

Prévention, suivi et plan d’action pratique : checklist pour protéger une maison

La prévention repose sur la maîtrise de l’humidite et la surveillance régulière des points faibles. Un plan d’action simple et structuré limite fortement les risques de développement de la mérule et permet d’agir rapidement si des signes apparaissent.

Checklist opérationnelle :

  • Inspecter gouttières et descentes à chaque saison ; réparer les fuites.
  • Contrôler la pente du terrain autour des fondations pour éviter l’écoulement vers la maison.
  • Vérifier les drains périphériques et envisager drainage si sol saturé.
  • Assurer une ventilation adéquate des caves et celliers ; installer une VMI si besoin.
  • Surveiller les zones froides et sombres, sous-plinthes et jonctions murs-plancher.
  • Faire réaliser un diagnostic mycologique en cas de doute (prélèvement en laboratoire).
  • Consigner mesures d’humidité et observations photographiques pour le suivi.

Surveillance et entretien. Inspecter la cave et les zones de soubassement au moins tous les trois mois. Mesurer l’humidité ambiante : si la relative dépasse 60 % sur la durée, engager des actions correctives. Noter toute variation après travaux de toiture, changement de menuiseries ou travaux de terrassement à proximité.

Isolant et choix des matériaux. Lors de rénovations, privilégier des isolants respirants et des membranes adaptées aux murs anciens. Éviter d’emprisonner l’humidité derrière des complexes modernes incompatibles avec des pierres poreuses. La compatibilité des matériaux réduit le risque d’apparition du champignon.

Plan d’alerte et recours. Si des signes de mérule apparaissent : isoler la zone, limiter l’accès, prendre des photos, mesurer l’humidité et contacter un diagnostiqueur. En cas d’intervention professionnelle, demander un rapport détaillé et des garanties écrites sur les traitements appliqués.

Insight : la prévention active et le suivi régulier coûtent bien moins cher que la réparation structurelle ; une checklist et des contrôles saisonniers suffisent souvent à éviter la catastrophe.

Peut-on confondre mérule et moisissure ?

Oui : la moisissure reste souvent superficielle et pigmentée, alors que la mérule forme un mycélium cotonneux, peut présenter des gouttelettes (‘pleurs’) et attaque le bois en profondeur. Un prélèvement mycologique confirme l’identification.

Quelle humidité justifie une alerte ?

Sur bois, un taux supérieur à 20 % est critique. Sur maçonnerie, des mesures élevées répétées, combinées à une odeur ou filaments blancs, justifient un diagnostic professionnel.

Peut-on traiter la mérule avec des solutions maison (vinaigre, javel) ?

Non : ces solutions restent superficielles. La mérule nécessite un curage, un assèchement et un traitement antifongique professionnel pour garantir l’éradication.

Faut-il changer l’isolant en cas de mérule ?

Si l’isolant est contaminé, il doit être retiré et éliminé en filière appropriée. Lors de la réinstallation, choisir des matériaux compatibles avec la maçonnerie pour éviter l’emprisonnement d’humidité.

Quand faire appel à un professionnel ?

Dès la présence de signes étendus, d’atteinte du bois porteur, ou si les mesures d’humidité dépassent les seuils : un diagnostiqueur établira un plan d’action et un rapport utile pour l’assurance.

Liens utiles : guide de prévention et méthodes d’assèchement disponibles sur le site du CSTB, fiches techniques fabricants de produits fongicides, et ressources locales sur la diagnostic mycologique, la préparation des supports et l’entretien des façades.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut